Auto-entrepreneur et vente de marchandises
ce qu’il faut savoir
Plafonds, cotisations, obligations : l’achat-revente en micro-entreprise est simple à lancer, mais sa logique de calcul réserve un piège aux marges serrées.
Vendre des marchandises en auto-entrepreneur, c’est faire de l’achat-revente de biens sous le régime micro. En 2026, le plafond de chiffre d’affaires est de 203 100 €, les cotisations sociales atteignent 12,3 % du chiffre d’affaires et l’impôt se calcule après un abattement de 71 %. Le point à comprendre : tout porte sur le chiffre d’affaires, jamais sur la marge.
- Activité BIC : achat-revente de biens, à distinguer des prestations de services.
- Plafond 2026 : 203 100 € pour les marchandises, contre 83 600 € pour les services.
- Le piège de la marge : cotisations et impôt portent sur le chiffre d’affaires, pas sur le gain réel.
- Une obligation en plus : tenir un registre des achats, propre à la revente.
L’achat-revente attire parce qu’il paraît simple : on trouve un produit, on le revend plus cher, et l’auto-entreprise se monte en quelques minutes. C’est vrai pour la partie administrative. Pour le reste, la vente de marchandises obéit à des règles bien à elle, et l’une d’elles change tout quand on calcule ce qui reste réellement en poche.
Vente de marchandises en auto-entrepreneur
de quoi parle-t-on
La vente de marchandises, c’est l’achat de biens pour les revendre en l’état : vêtements, objets, produits importés, articles chinés, denrées à emporter. Vous ne transformez pas, vous ne fabriquez pas — vous achetez et vous revendez. Fiscalement, cette activité relève des bénéfices industriels et commerciaux, les BIC, dans la catégorie « achat-revente ».
La distinction avec les prestations de services n’est pas un détail. Les deux activités n’ont ni le même plafond, ni les mêmes taux de cotisations. Les confondre, c’est se tromper dès le départ sur ce qu’on a le droit de faire et sur ce qu’on va payer. Si vous vendez à la fois des produits et des services, vous êtes en activité mixte, avec ses propres règles.
Les plafonds et seuils 2026 propres aux marchandises
Le régime micro impose un plafond de chiffre d’affaires, plus élevé pour les marchandises que pour les services. Voici les repères de l’année, avec les prestations de services en regard pour comparaison.
| Critère 2026 | Vente de marchandises | Prestations de services |
|---|---|---|
| Plafond du régime micro | 203 100 € | 83 600 € |
| Cotisations sociales | 12,3 % du CA | 21,2 % du CA |
| Abattement fiscal forfaitaire | 71 % | 50 % (BIC) |
| Versement libératoire (option) | 1 % du CA | 1,7 % du CA |
Bonne nouvelle sur le plafond : un dépassement ponctuel ne vous fait pas perdre le régime du jour au lendemain. Il faut excéder le seuil deux années consécutives pour en sortir l’année suivante. Un autre seuil mérite l’attention, et il est plus bas : celui de la franchise de TVA. Tant que vous restez en dessous, vous ne facturez pas de TVA à vos clients, un avantage commercial réel. Pour les marchandises, ce seuil se situe autour de 85 000 €, avec un seuil majoré au-delà duquel la TVA devient due. Ces montants ont fait l’objet de discussions récentes : vérifiez la valeur en vigueur au moment de vous lancer. Enfin, en activité mixte, le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € au maximum pour la part de services.
Cotisations et impôt
le piège de la marge
Voici le point qui décide souvent de la rentabilité réelle. En 2026, les cotisations sociales pour la vente de marchandises s’élèvent à 12,3 % du chiffre d’affaires. Côté impôt, l’administration applique un abattement forfaitaire de 71 % : vous êtes imposé sur 29 % de votre chiffre d’affaires, censés représenter votre bénéfice. Sous conditions de revenu, vous pouvez aussi opter pour le versement libératoire, qui prélève 1 % du chiffre d’affaires au titre de l’impôt.
Le mot important, c’est chiffre d’affaires. Pas marge. Et c’est là que beaucoup de projets d’achat-revente se cassent les dents.
Vous achetez un produit 6 € et le revendez 10 €. Votre marge brute est de 4 €. Mais vos cotisations se calculent sur les 10 € encaissés, pas sur les 4 € gagnés : vous payez environ 1,23 € sur cette vente, soit près d’un tiers de votre marge. Sur un produit à forte marge, l’effet reste supportable ; sur un produit à faible marge vendu en volume, il devient lourd, car vous cotisez sur de l’argent qui n’est jamais vraiment le vôtre.
C’est la différence fondamentale avec une entreprise au régime réel, taxée sur le bénéfice et non sur les encaissements. Tant que vos marges sont confortables, le régime micro reste avantageux. Dès qu’elles se resserrent, le calcul mérite d’être refait.
Vos obligations concrètes
La simplicité du statut ne dispense pas de quelques obligations, et la vente de marchandises en ajoute une que les prestataires n’ont pas. Vous devez tenir un livre des recettes, qui retrace vos encaissements, mais aussi un registre des achats, propre aux activités de revente : il liste vos achats de marchandises avec leurs justificatifs. Conservez les factures de vos fournisseurs ; ce sont elles qui prouvent vos achats en cas de contrôle.
Vos propres factures doivent être conformes. Tant que vous êtes en franchise de TVA, elles portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Prévoyez un compte bancaire dédié à l’activité, exigé dès que le chiffre d’affaires se maintient à un certain niveau. Et n’oubliez pas la déclaration de chiffre d’affaires à l’URSSAF, mensuelle ou trimestrielle : elle reste obligatoire même quand vous n’avez rien vendu — vous déclarez alors un montant nul.
Quand le statut atteint ses limites
L’auto-entreprise est un bon point de départ pour la revente, rarement un point d’arrivée. Trois signaux indiquent qu’il est temps de regarder ailleurs.
La marge se resserre
Beaucoup de produits à faible marge ? Les cotisations assises sur le chiffre d’affaires finissent par manger une part déraisonnable de vos gains réels.
La TVA devient un enjeu
En franchise, vous ne facturez pas la TVA mais ne la récupérez pas sur vos achats. Avec beaucoup de stock, un régime réel permet de la récupérer.
Le plafond approche
Quand le chiffre d’affaires frôle la limite du régime micro, mieux vaut anticiper le changement de cadre plutôt que de le subir.
Dans ces situations, l’entreprise individuelle au réel ou la société méritent d’être étudiées, idéalement avec un conseil qui chiffrera votre cas précis. Changer de cadre n’est pas un échec : c’est le signe que l’activité a grandi.
Quel est le plafond de chiffre d’affaires pour la vente de marchandises en 2026 ?
Il est de 203 100 € pour la vente de marchandises, contre 83 600 € pour les prestations de services. Un dépassement ponctuel ne fait pas perdre le régime : il faut excéder ce plafond deux années consécutives pour sortir de la micro-entreprise l’année suivante.
Combien de cotisations paie-t-on sur la vente de marchandises ?
Les cotisations sociales s’élèvent à 12,3 % du chiffre d’affaires encaissé en 2026. Elles se calculent sur le chiffre d’affaires, pas sur la marge : c’est un point décisif pour les activités d’achat-revente à faible marge, où la part prélevée pèse lourd.
Comment est imposé le bénéfice en vente de marchandises ?
L’administration applique un abattement forfaitaire de 71 % sur le chiffre d’affaires : vous êtes imposé sur les 29 % restants, censés représenter votre bénéfice. Sous conditions de revenu, vous pouvez opter pour le versement libératoire, qui prélève 1 % du chiffre d’affaires au titre de l’impôt.
Faut-il tenir un registre des achats en auto-entrepreneur ?
Oui, pour une activité de vente de marchandises. En plus du livre des recettes, vous devez tenir un registre des achats qui liste vos acquisitions de marchandises avec leurs justificatifs. Conservez les factures de vos fournisseurs : elles prouvent vos achats en cas de contrôle.
L’auto-entreprise est-elle adaptée à l’achat-revente ?
Pour démarrer et tester, oui : c’est simple et rapide. À mesure que les volumes montent ou que les marges se resserrent, le calcul des charges sur le chiffre d’affaires et l’impossibilité de récupérer la TVA peuvent rendre un régime réel plus avantageux. C’est à étudier au cas par cas.
L’achat-revente en micro reste une excellente rampe de lancement — à condition de garder l’œil sur sa marge réelle, pas seulement sur son chiffre d’affaires.