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Communications Biology

le facteur d’impact et ce qu’il cache

Le chiffre se relève en dix secondes. Décider d’y soumettre demande trois autres informations : le prix, le délai réel et le mode de tri éditorial.

Trois boîtes de Petri aux milieux de culture colorés, posées côte à côte sur une paillasse claire.
Réponse rapide

Le facteur d’impact de Communications Biology est de 5,8 dans l’édition 2025 du Journal Citation Reports, et de 6,3 sur cinq ans. La revue est classée dans le premier quartile de la catégorie Biology. Ce chiffre ne dit rien de trois données qui décident vraiment d’une soumission : la publication coûte 3 650 € de frais de traitement d’article, l’accord national conclu entre Couperin et Springer Nature ne couvre pas cette revue, et le délai médian entre la soumission et l’acceptation atteint 217 jours — contre six jours seulement pour la première décision éditoriale.

  • 5,8 en 2025, 6,3 sur cinq ans, premier quartile en Biology.
  • 3 650 € de frais de traitement, dus à l’acceptation.
  • Aucune remise nationale : les revues en accès ouvert sont hors accord.
  • 217 jours de médiane jusqu’à l’acceptation, contre 6 pour le premier avis.

Communications Biology, la revue derrière la requête

Premier point à lever, parce qu’il fait perdre du temps à beaucoup de monde : la revue s’appelle Communications Biology, au pluriel sur le premier mot. La requête est le plus souvent tapée au singulier et en anglais — communication biology impact factor — ce qui ramène des résultats de sciences de la communication sans aucun rapport. Il s’agit d’une revue de biologie généraliste, lancée en 2018 par Nature Portfolio, entièrement en accès ouvert, d’ISSN électronique 2399-3642. Ses deux revues sœurs, Communications Chemistry et Communications Physics, suivent le même modèle dans leurs disciplines.

Le chiffre cherché, maintenant. Dans l’édition 2025 du Journal Citation Reports, le facteur d’impact de la revue s’établit à 5,8. Le facteur sur cinq ans, qui lisse les à-coups d’une année isolée, ressort à 6,3. La revue figure dans le premier quartile de la catégorie Biology — et cette précision compte autant que le quartile lui-même, puisque c’est le classement dans cette catégorie-là qui le produit.

Si vous avez croisé 5,1 ou 5,2 ailleurs, ce n’est pas une contradiction mais un décalage : beaucoup d’agrégateurs bibliométriques recopient une édition antérieure sans jamais dater leur page. La règle vaut pour n’importe quelle revue. Un facteur d’impact sans son millésime ne veut rien dire, et une valeur destinée à un dossier, un rapport d’activité ou une justification de choix de revue se relève sur la page de métriques de la revue ou dans le JCR, avec l’édition mentionnée à côté.

Les quatre valeurs à citer, et leur millésime
  • Facteur d’impact 5,8 — édition 2025 du Journal Citation Reports.
  • Facteur d’impact sur cinq ans 6,3 — même édition.
  • Premier quartile, catégorie Biology — la catégorie doit toujours accompagner le quartile.
  • Délais médians 2025 : 6 jours jusqu’à la première décision, 217 jours jusqu’à l’acceptation.

Ce que ce 5,8 mesure, et ce qu’il laisse hors champ

L’indicateur rapporte les citations reçues une année donnée aux articles publiés par la revue les deux années précédentes. Il décrit donc une revue, sur une fenêtre courte. Pas un article, pas un auteur, pas une équipe.

L’écart entre les deux versions du chiffre est plus parlant que le chiffre lui-même. Sur deux ans, 5,8 ; sur cinq ans, 6,3. Quand la fenêtre longue dépasse la fenêtre courte, cela signale une revue dont les articles continuent d’être cités bien après leur parution, au lieu de concentrer leur écho sur les deux premières années. Pour un auteur, c’est plutôt une bonne nouvelle : un travail méthodologique ou descriptif, dont l’usage vient lentement, n’y sera pas enterré par le rythme de la revue. Mais c’est aussi la raison pour laquelle la valeur sur deux ans sous-estime légèrement l’audience réelle du titre.

Reste le principal. Un chercheur qui tape cette requête ne prépare pas un exposé de bibliométrie : il évalue une cible de soumission. Et pour cette décision-là, le facteur d’impact ne porte aucune des trois données qui pèsent vraiment.

La question réelleCe que le facteur d’impact en ditOù se relève la réponse
La revue est-elle citée ?C’est exactement ce qu’il mesure, sur deux ansPage de métriques de la revue, JCR
Combien vais-je payer ?RienPage des frais de publication de la revue, liste tarifaire du consortium
Combien de temps cela prendra-t-il ?RienDélais médians publiés par la revue
Mon manuscrit a-t-il une chance ?RienAucune source publique : le taux d’acceptation n’est pas publié

Le prix

ce que coûte une publication dans la revue

Communications Biology est entièrement en accès ouvert, sans version sur abonnement. La contrepartie est connue : la publication est payée par les auteurs, via des frais de traitement d’article — l’article processing charge, ou APC. Il n’existe pas d’option gratuite en cas d’acceptation.

Le tarif affiché par la revue est de 3 650 €, soit 4 390 $ ou 3 250 £, hors TVA et taxes locales éventuelles. Le montant appliqué est celui en vigueur à la date d’acceptation, et non à la date de soumission : avec un délai médian dépassant sept mois, un manuscrit peut traverser un changement de grille tarifaire. Une demande d’exonération motivée par une difficulté financière, elle, ne peut être déposée qu’au moment de la soumission. Après, la porte est fermée. Les exonérations automatiques visent les auteurs correspondants établis dans les pays aux revenus les plus faibles.

Côté droits, deux licences sont ouvertes : CC BY, qui autorise la réutilisation y compris commerciale sous réserve d’attribution, et CC BY-NC-ND, plus restrictive. Ce choix n’est pas neutre lorsqu’un financeur impose une licence — on y revient plus bas.

Mon établissement a un accord avec l’éditeur, est-ce que cela me couvre ? La réponse est non, et elle mérite d’être connue avant de bâtir un budget. L’accord national conclu entre Couperin et Springer Nature pour 2024-2026 porte sur les revues hybrides des collections Springer, Palgrave Macmillan et Adis. Les revues entièrement en accès ouvert en sont exclues, hors une liste limitée de titres passés récemment à ce modèle. Le quota de publications sans frais supplémentaires négocié dans cet accord ne s’applique donc pas ici.

Deux sources, un seul tarif

La liste tarifaire que le consortium publie pour les revues entièrement en accès ouvert de l’éditeur, arrêtée en octobre 2025 pour l’exercice 2026, reprend pour Communications Biology exactement les montants de la page de l’éditeur : 3 650 EUR, 4 390 USD, 3 250 GBP. Deux sources indépendantes, un seul tarif : il n’y a pas de remise nationale à espérer sur cette revue.

Ce qui reste possible, en revanche, c’est une prise en charge par un accord propre à l’établissement, par le budget du laboratoire ou par la ligne « publications » d’un projet financé. Instruire ces trois circuits signifie quelque chose de précis : demander au service documentation ou à la bibliothèque de l’établissement si un accord local couvre l’éditeur, faire confirmer par la gestion du laboratoire que la ligne existe et jusqu’à quelle date elle reste ouverte, et vérifier dans la convention du projet que les frais de publication sont éligibles. Trois courriels, envoyés avant la soumission plutôt qu’après l’acceptation.

Le délai

six jours d’un côté, 217 de l’autre

La revue publie deux durées médianes pour 2025, et elles ne racontent pas la même histoire. De la soumission à la première décision éditoriale : six jours. De la soumission à l’acceptation : 217 jours, soit sept mois et demi environ.

L’écart n’est pas une anomalie, c’est la structure du processus. La première borne mesure un tri : les éditeurs regardent si le manuscrit entre dans le champ de la revue et s’il mérite d’être envoyé en relecture. C’est rapide, et c’est une bonne nouvelle — un refus de principe arrive vite, ce qui laisse le temps de viser ailleurs sans avoir immobilisé le travail pendant des mois. La seconde borne agrège tout le reste : recherche de relecteurs, rondes de relecture, révisions, souvent une deuxième ronde, parfois une troisième, puis la décision finale.

Une médiane n’est pas un maximum. La moitié des manuscrits acceptés ont mis plus de 217 jours, et cette durée s’arrête à l’acceptation, pas à la mise en ligne, qui ajoute un délai de production.

Traduit en calendrier, cela donne une seule règle défendable : un manuscrit accepté a une chance sur deux d’avoir mis plus de sept mois entre le dépôt et l’acceptation, hors temps de rédaction, hors production, et hors cycle perdu si une première revue le refuse. Le reste de l’addition dépend de chacun. Trois situations méritent d’être anticipées : une publication attendue pour une soutenance, où le calendrier doit être posé à l’envers depuis la date de soutenance ; un rapport de fin de projet, où la ligne budgétaire des frais de publication doit encore être ouverte au moment de l’acceptation, ce qui n’a rien d’évident sur un financement qui s’achève ; et un contrat qui se termine, où la question de l’auteur correspondant et de son adresse institutionnelle se posera sept mois plus tard.

Une revue alimentée par le transfert éditorial

Pour comprendre où se situe ce titre, il faut regarder un mécanisme interne au portfolio : le transfert de manuscrit.

Quand un manuscrit est refusé par une revue du groupe après relecture, la lettre de décision contient un lien permettant de le réacheminer vers un autre titre, avec les rapports de relecture. Sont transférés l’ensemble des informations sur les auteurs et le manuscrit, tous les fichiers y compris la lettre d’accompagnement, et — dans la quasi-totalité des cas, à condition que le manuscrit ait effectivement été relu — les commentaires des relecteurs sur cette version et sur les précédentes.

Côté revue d’accueil, le traitement est explicite : si les éditeurs jugent le manuscrit adapté, ils contactent la revue d’origine pour authentifier les rapports et demander l’identité des relecteurs, puis tentent de recontacter ces mêmes relecteurs pour commenter la version révisée. Le mouvement fonctionne dans les deux sens, puisqu’un refus ici ouvre à son tour un lien vers un autre titre du portfolio.

Deux conséquences pratiques. Soumettre à cette revue après un refus ailleurs dans le groupe n’est pas un contournement mais un chemin prévu, et les rapports déjà obtenus deviennent un actif au lieu d’un dossier perdu — c’est là le vrai plan de repli d’une soumission, bien plus que l’espoir d’une décision rapide. En sens inverse, un manuscrit transféré arrive avec son historique, critiques comprises : y répondre sérieusement avant le transfert vaut mieux que d’espérer un regard vierge.

Un mot sur le taux d’acceptation, puisque la question vient toujours. La revue ne le publie pas. Les valeurs qui circulent sur des sites tiers ne s’appuient sur aucune source vérifiable et n’ont pas leur place dans une décision.

Décider de soumettre

la grille et le cadre français

Cinq vérifications suffisent à trancher, et elles se font toutes avant la soumission.

  1. Relever la valeur à la source

    La page de métriques de la revue, avec l’édition du JCR mentionnée à côté du chiffre. Pas un agrégateur, pas une capture d’écran vieille d’un an.

  2. Chiffrer le coût réel

    3 650 € hors taxes, figés à la date d’acceptation, sans remise nationale. Puis identifier qui paie : accord propre à l’établissement, budget du laboratoire, ligne « publications » du projet.

  3. Confronter 217 jours à son calendrier

    Une médiane, arrêtée à l’acceptation. Si l’échéance est plus courte, la revue n’est pas en cause : c’est la cible qui doit changer.

  4. Instruire exonérations et accords maintenant

    Une demande motivée par une difficulté financière n’est recevable qu’à la soumission. Une éligibilité vérifiée après l’acceptation ne sert plus à rien.

  5. Vérifier ce qu’impose le financeur

    Le point le plus souvent oublié, et le seul qui puisse à lui seul imposer une licence ou disqualifier un support.

Sur ce dernier point, le cadre français est stabilisé. Les publications issues de projets financés par l’ANR à partir des appels 2022 doivent être déposées en accès ouvert sous licence CC BY ou équivalente, au minimum dans leur version acceptée, dans l’archive nationale HAL, dès la publication. La stratégie de non-cession des droits, portée par la cOAlition S et reprise dans le deuxième Plan national pour la science ouverte, permet à un auteur de diffuser son manuscrit sans embargo en conservant ses droits.

Le CNRS, de son côté, invite ses scientifiques à privilégier les modèles sans frais pour l’auteur — le modèle dit diamant, où ni l’auteur ni le lecteur ne paient — et les incite à ne pas régler de frais de publication dans les revues hybrides. La recommandation de dépôt systématique dans HAL, elle, vaut quel que soit le lieu de publication.

C’est aussi la sortie de l’arbitrage, et elle est rarement formulée. Publier ailleurs et déposer la version acceptée dans HAL produit un accès ouvert immédiat sans le moindre frais de traitement, et la stratégie de non-cession des droits sécurise ce dépôt sans embargo. Autrement dit, l’accès ouvert n’oblige pas à payer : c’est la publication dans cette revue-là qui se paie.

Rien de tout cela n’interdit de viser un titre à frais de traitement. Mais l’arbitrage se pose dans ces termes : un facteur d’impact de 5,8 se paie 3 650 € et se mérite en sept mois et demi de médiane. Sur un budget de laboratoire, cette somme est un choix fait au détriment d’autre chose. La question n’est pas de savoir si le chiffre est bon — il l’est, dans sa catégorie. Elle est de savoir si, pour ce manuscrit précis, il vaut ce prix et ce délai.

Pourquoi les sites affichent-ils des facteurs d’impact différents pour cette revue ?

Parce qu’ils ne citent pas la même édition du Journal Citation Reports et qu’ils datent rarement leur page. Une valeur de 5,1 ou 5,2 correspond à une édition antérieure recopiée sans mise à jour ; l’édition 2025 donne 5,8. Un facteur d’impact sans son millésime n’est pas exploitable, et une valeur destinée à un dossier se relève sur la page de métriques de la revue ou dans le JCR.

Communications Biology est-elle couverte par l’accord Couperin – Springer Nature ?

Non. L’accord national 2024-2026 porte sur les revues hybrides des collections Springer, Palgrave Macmillan et Adis. Les revues entièrement en accès ouvert en sont exclues, hors une liste limitée de titres passés récemment à ce modèle. La liste tarifaire publiée par le consortium pour ces revues reprend d’ailleurs le tarif de l’éditeur au montant près. Une prise en charge reste possible, mais elle passe par un accord propre à l’établissement, le budget du laboratoire ou la ligne « publications » d’un projet financé.

Le tarif appliqué est-il celui du jour de la soumission ?

Non, c’est celui en vigueur à la date d’acceptation de l’article. Avec un délai médian de 217 jours entre soumission et acceptation, un manuscrit peut traverser un changement de grille tarifaire. Le point mérite d’être intégré à un budget prévisionnel, surtout quand la ligne de financement a une date de clôture.

Peut-on demander une exonération de frais de publication ?

Deux dispositifs coexistent. Les auteurs correspondants établis dans les pays aux revenus les plus faibles bénéficient d’exonérations et de réductions prévues par l’éditeur. Pour les autres, une demande motivée par une difficulté financière peut être examinée au cas par cas, mais uniquement au moment de la soumission du manuscrit. Formulée après l’acceptation, elle n’est plus recevable.

Que se passe-t-il si mon manuscrit a déjà été refusé par une autre revue du groupe ?

Le portfolio prévoit un transfert : la lettre de décision contient un lien qui achemine le manuscrit, ses fichiers et ses rapports de relecture vers un autre titre. Si les éditeurs jugent le texte adapté, ils vérifient les rapports auprès de la revue d’origine, demandent l’identité des relecteurs et cherchent à les recontacter pour la version révisée. Ce chemin est prévu, pas toléré — mais le manuscrit arrive avec son historique de critiques, qu’il vaut mieux avoir traitées avant le transfert.

Quel est le taux d’acceptation de la revue ?

La revue ne le publie pas. Les valeurs qui circulent sur des sites tiers ne reposent sur aucune source vérifiable et ne devraient pas peser dans une décision de soumission. Les seuls repères publiés par la revue sont ses délais médians et ses métriques de citation.

Quelle licence choisir si mon projet est financé par l’ANR ?

Les publications issues de projets financés par l’ANR à partir des appels 2022 doivent être déposées en accès ouvert sous licence CC BY ou équivalente, au minimum dans leur version acceptée, dans l’archive nationale HAL, dès la publication. La revue ouvre le choix entre CC BY et CC BY-NC-ND : c’est la première qui répond à cette exigence. Le dépôt dans HAL reste dû quel que soit le lieu de publication.

Un facteur d’impact se lit en dix secondes, mais il ne porte ni le prix, ni le délai, ni la probabilité d’aboutir. Ces trois données sont publiques : elles se relèvent avant la soumission, pas après l’acceptation.